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Chronologie : Elie BERTRAND 1763

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Elie BERTRAND, pasteur, géologue et naturaliste suisse est le brillant auteur en 1763 du Dictionnaire d' ORYCTOLOGIE universel ou des fossiles propres et des fossiles accidentels.  ( le terme fossile de l'époque revêt l'ensemble des produits recueillis dans le sol , le terme correspond actuellement à géologie) .

PIERRE A PICOT  /  GAMAICU /  FORT RARE /  PENDAIT AU COL DES PERSONNES / TOUCHAIT LES YEUX

 

       

 



Mr Elie BERTRAND est l'auteur du plus ancien texte relatif aux variolites que j'ai trouvé sur google books.
Il en donne dans son dictionnaire d' Oryctologie 1763 ( science des fossiles) une description sommaire et succinte, sans rapport avec les pages abondantes et riches en détails de toutes sortes , d'analyses et tests en tous genres que publieront par exemple M de la Tourette en 1784 et Delesse en 1850.

En revanche il reprend sans tabous l'usage "magique" et populaire qu'auront bien soins d'éluder les auteurs suivants.
Est ce plus son coté pasteur, son coté suisse ou le fait d'être un des premiers, à en ecrire?

En quelque sorte c'est une date et un article charnière entre la période d'avant, dont il n'y pas de traces écrites, et ou l'usage des variolites mais aussi d'autres pierres , plantes, formules ou pélerinages à des sources sacrées, voire reliques ..se transmettait de génération à  génération oralement, avec des dictons, des rituels, des moyens mnémotechniques et étaient censés guérir, atténuer ou éviter les maux les plus divers.
Je n'ai trouvé que peu d'ouvrages anciens ( avant le  XX° siecle) traitant de ces sujets, beaucoup plus nombreux sont ceux écrits au XX° siècle, dont plusieurs ouvrages de référence , ils sont souvent basés sur des témoignages de personnes qui ont entendu dire que autrefois ... au moins aussi souvent que des témoignages de personnes pratiquant rŽéelement telle ou telle méthode.
Le XX° est donc une nouvelle période charnière, ožûse rendant compte de la perte quasi imminente d'usage, de rituels, parfois de savoir faire ou tous simplement d'objets ou de costumes, il a paru urgent à plusieurs auteurs de témoigner pour le futur de ce qu'ils constatent être en phase de disparition. 
D'autres pages de variolite.fr nous montreront que l'usage par les bergers est celui qui c'est le plus facilement perpétué et le plus longtemps. 


L'implication est tout autre en ce qui concerne les premiers savants du siècle des lumières. ils sont à l'opposé des usages populaires, qu'ils côtoient depuis l'enfance de prés ou de loin, ou qu'ils découvrent dans les campagnes ( l'essentiel du territoire alors). Ils ont pour motivation première de sortir le monde ou le peuple de l'ignorance et de porter le flambeau de la Connaissance, du Savoir. Entre eux d'abord, il est net qu'une espèce de compétition existe entre différents courants ou différents savants, auteurs.. mais aussi de par les publications au plus grand nombre ( en tous cas aux classes qu'on dirait moyenne aujourd'hui), du moins ˆ ceux qui savent lire ( ce n'est bien sur pas la majorité). Leurs paroles , leurs actes et leurs écrits ne s'adressent certainement pas au bas peuple.

A ce sujet voir les motivations de Claude BOURGELAT, ( source wikipédia) fondateur de la première école vétérinaire au monde ,à  Lyon en 1861, et qui justifie ainsi auprès du roi Louis XV de la nécessité de cette école. C BOURGELAT est par ailleurs un ami ( du moins au début) et un proche des deux premiers auteurs savants cités dans variolite.fr ( cf chronologie) Abbe F Rozier et M Marc Antoine Louis F de la Tourette.
A cette époque 1861 les campagnes sont peuplées de thérapeutes en tous genres , empiriques , sorciers ...( cf dénomination enquête medecin ).

Pour comprendre , il est aisé d'imaginer le nombre réduit de médecins et de chirurgiens avant        et de véterinaires avant 1861 date de la premiere école vétérinaire dont les promotions somme toute d'effectif assez modéré n'ont pas permis la diffusion avant ces dates. Ajoutons que même une fois installés et qu'un réseau de professionels scientifiques de la santé fût effectif, ceux là ne possédaient pas nos moyens actuels de diagnostic et de traitement , et donc bien que formés, informés, éduqués à l'art médical et chrirurgical... ils ne devaient pas "tout guérir" du premier coup, Molièrre nous suggère même que certains savaient mieux que quiconque "prŽécipiter le malade dans la tombe".

Enfin, même une fois de nombreux medecins, chirurgiens, apothicaires installés et réalisant un maillage fin du territoire, même à supposer que leurs talents thérapeutiques furent éblouissants, reste le nerf de la guerre: En 1800 ou 2011 les soins médicaux sont chers, ils ne sont remboursés en partie que depuis     , et pour les animaux jamais.

En conclusion la nécessité de soulager, de soigner, de faire quelque chose pour, qui son enfant, son mari ou sa femme .. et parfois même encore plus pour son cheval ou son troupeau (permettant de vivre et de manger) il est automatique, généralisé et nécessaire qu'une activité de soins se développe dans toutes sociétés humaines.
L'époque , la rŽégion , les connaissances et les croyances du moment ont fait le reste. Là ou il y avait une météorite on en fit une pierre de foudre protectrice, là ou un saint local était célébré on le considérait comme Saint gurérisseur, et là ou une pierre ressemblait à la peau d'un serpent ou d'un crapaud on lui prétait le pouvoir de guérir et protéger, selon la théorie très anciennement appliquée (même inconsciemment) dite des SIGNATURES.

 

 

Que cette page consacrée à Elie BERTRAND soit aussi l'occasion de fair connaitre quelques uns de ces commentaires dans le discours d'introduction de son dictionnaire d'Oryctologie:

SIRE,

LA Nature 3 quoique fi •cariée dans fes produclions } efl cefendant uniforme dans tous les pays: ïes foffiles de la Suisse né différent pointessentiellementde ceux du Dannemarc: par tout ce font les mêmes genres & les mêmes espèces IIJ

ces. Cet ouvrage de Minéralogie ± que je prends la liberté de mettre aux pies du thrône de VO TR E MAJESTE, peut donc n'être pas inutile à ceux qui s'appliquent a cette étude dans les heureux Etats d: un MONARQUE, qui fait marcher tous les établisfemens avantageux de front & à grands pas vers la perfection. Un ROI pacifique & Pacificateur, un Roi bienfaisant & Proteclcur des Sciences des Arts fera toujours le présent k p/us prétieux que la D INFINITE, dont il est V image, fuisse faire a la terre. II mérite le refpeffi, & f amour de tous les humains. Ce font aujft les sentimens 9 SIRE, que favois voué depuis long-tems à vos vertus, dans le filence dé mon cabinet. Daignez 

agréer , avec cette bonté qui aux yeux du Sage efl le frémìer attribut des GRANDS ROIS, P dommage public & volontaire d* un étranger qui se fera toujours gloire d'être,

SIRE,

DE VOTRE MAJESTE',

\ *

I .

Le très-humble, très-obéïssant & très-soumis Serviteur,

 

...:.../........

 

Un Dictionnaire , tel que je viens d'en tracer le plan , fans me períuader d en avoir R?"1".Ics rempli les vûè's, feroit assurément d'un grand secours pour tonner avec cnoix, ranger avec ordre, ou visiter avec fruit un Cabinet de fossiles.

Vtnité des Les Cabinets en général d'Histoire Naturelle, Cabinets, çmt pr0pres ^ instruire qu'à amuser. C'est

à ces collections, si sagement multipliées de nos jours , qu'on doit le goût général pour cette science, également curieuse & utUe, & les progrès rapides qu'on y a fait. Reconnoître les corps, qui font déposés dans ces sortes de ma

gazins, gazins la nature, savoir le genre & l'elpèce, auxquels Us appartiennent, en vertu des propriétés communes ou particulières qu'ils posiedent, c'est la connoissance élémentaire, mais indispensable; ce iònt les premiers pas vers la Science du Naturaliste; & un Dictionnaire Oryctologiqae est un secours très-necessaire pour reconnaître, ciaflifier & ranger les substances fi nombreuses du règne minéral. Par ce moyen le curieux; apprendra plus promptement à étiqueter ce qu'il reçoit, & à mettre de Tordre dans son Cabinet; & l'obfêrvateur en reconnoiílànt ce qu'on lui montre , s'iribruira d'une manière agréable & facile. Un Cabinet est donc un Livre toûjours ouvert, où l'Observateur curieux & attentif s'instruic avec d'autant plus de facilité & de plaisir, qu'il le fait fans effort & plus promptement. La mémoire est, soulagée par les yeux, & l'attention est soutenue par le plaisir de voir.k

L'ordre par conséquent fait un des plus grands L'ordre mérites d'une collection pour l'Histoire Naturel- 2°"/,?" le. Mais quel ordre faut-il suivre? Celui de la unCabinature se dérobe si souvent a nos recherches, qu'il est oien difficile que nos méthodes répondent toujours si exactement à la véritable chaîne des êtres. Plus on fait de découvertes & plus on s'apperçoit que les décisions des Philosophes fur les différences des genres & les rapports des espèces ont été quelquefois fort hasardées. Trop souvent encore les Auteurs font en opposition eutr'eux. Quel parti prendre? Plus la collection Taílêrnblée est considérable, plus il faut un ordre te détail fixe, aullì bien qu'un ordre général natareL

?ocr donner quelques directions à cet égard ,J1 faut suije dini «sabord qu'on doit faire choix d'une mé- méthode

 

 

 

 

 

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