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Chronologie : Barthélemy FAUJAS-de -SAINT-FOND

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Quelques années aprés que SAUSSURE et PICTET aient  exploré la  montagne de la Madona delia guardia (1780), FAUJAS SAINT FOND, considéré come l'inventeur de la géologie, organise avec les meilleurs savants qu'il trouve, une expédition dans les Appenins de la ligurie ( Italie), à la recherche entre autre de la variolite en place, et qu'il compare sans cesse à la variolite de la Durance, pierre  emblématique qu'il connaît bien ( nombreuses études antérieures) et qui sert de référence. C'est lui d'aprés BUFFON qui a découvert l'origine des variolites dans la vallée de servières et les monts qui la domine ( massif du Chenaillet ndlr)

Ils n'hésitent pas à gravir des terrains trés difficiles, sentiers étroits et tortueux, à remonter le torrent de la Cliaravagna, pour accéder au sommet du monte Ramazzo. ( cf description )

Il relate dans cet article, son fort espoir puis sa joie de découvrir " une variolite analogue à celle de la Durance, dans un lieu où personne ne l'avait rencontrée ni même soupçonnée" (ni même SAUSSURE donc ).

C'est lors de cette expédition et en trouvant à la fois , des galets de variolite dans le torrent,  un rocher trés volumineux contenant la même structure ( forcément un pillow lava  ndlr) et des serpentines, qu'il compris puis affirma que la variolite était présente en ligurie et  etait contemporaine des serpentines (mieux connues car plus fréquentes), liées aux serpentines, et que les galets proviennent de bloc importants situés en amont.

Une fois encore l'observation était à l'origine de découvertes qui en entrainaient d'autres...., La Connaissance débutait puis progressait à un rythme exponentiel, aprés quelques siècles marqués par une probable stagnation sur les acquis ou les légendes...

Dans un autre article( essai de géologie, ou mémoire pour servir à l'histoire naturelle , vol 3 ) il décrit pourquoi il a crée une catégorie spécifique de roche ignées, nommées" laves variolitiques" ou 6° catégorie, car il se refuse de les classer avec d'autres roches communes tant elles se distinguent et  en diffèrent. n y lit auss

Le seul fait d'attacher une importance élevée à la variolite de la Durance, par un Homme tel que lui (cf son oeuvre ), montre la renommée de ces pierres dans les siècles passés.

Le célèbre savant naturaliste Comte Georges Louis Leclerc  de BUFFON dans son "histoire naturelle", cite bien sur les variolites de la Durance et publie un résumé des connaissances de son époque, s'appuyant sur les études antérieures.(cf Buffon) Il mentionne a plusieurs reprises et avec le plus grand respect, les observations et découvertes de M FAUJAS ST FOND:  " PIERRE VARIOLITE.

Ces pierres sont ainsi dénommées, parce qu'elles présentent à leur surface des petits tubercules assez semblables aux grains et pustules de la petite vérole. On trouve de ces pierres en grande quantité dans la Durance; elles viennent des montagnes au-dessus de la vallée de Servières, à deux lieues de Briançon, d'où elles sont entraînées par les eaux en morceaux plus ou moins gros;elles se trouvent aussi en massés assez considérables dans cette même vallée 
.
(1) C'est à deux lieues de Briançon que MM. Guettard et Faujas ont découvert, dans la vallée de Servières, la source des pierres variolites qu'on rencontre dans la Durance : on sait combien cette pierre est rare , et on ne la connaissait jusqu'à présent qu'en cailloux roulés; mais ces messieurs l'ont trouvée par grandes masses et en rochers : il s'en détache, dans les fortes gelées, des pièces qui sont entraînées par le ruisseau de Servières dans la Durance, qui les roule et les arrondit.
(Journal de Physique de M. l'abbé Rosier; mois de décembre f]55, page 517).

Les morceaux, trouvés dans l'île de Corse, ont beaucoup d'analogie « avec certains basaltes volcaniques, et pourraient bien n'être qu'un pro« duit du feu ; il faudrait dans ce cas les ranger parmi les produits de « volcan. • Tome I, pages 377 et suiv. par la seule raison qu'il était souvent configuré en prisme comme le véritable basalte;
mais les naturalistes ont rejeté cette dénomination équivoque depuis qu'ils ont reconnu, avec
M. Faujas de Saint-Fond, que le nom de Basalte ne devait être donné spécifiquement et exclusivement qu'aux laves prismatiques,
connues sous le nom de Basaltes, tels que ceux de Stolp en Misnie, d'Antrim en Irlande, et ceux du Vivarais, du Vélay, de l'Auvergne, etc.
Pour éclaircir cette nomenclature,
M. Faujas de Saint-Fond a observé que Wallerius, qui a nommé cette pierre Lapis variolarum ou Variolites, l'avait mise au nombre des basaltes,sans spécifier si c'était un basalte volcanique, et que sans autre examen , cette dénomination équivoque a été adoptée par Linnœus, par M. le baron de Born, et par plusieurs de nos naturalistes français ; M. Faujas de Saint-Fond a donc pensé qu'il fallait désigner cette pierre par des caractères plus précis,
et
il l'a dénommée Lapis variolites viridis verus, afin de la distinguer de plusieurs autres pierres couvertes également de taches et relevées de tubercules,et qui cependant sont très-différentes de celle-ci. (cf différentes sortes de variolites  dénominations)


Les Romains ont connu la véritable pierre variolite. «J'en ai vu une très-belle, dit
M. Faujas de Saint-Fond, entourée d'un cercle d'or, qui «fut trouvée en Dauphiné, dans un tombeau antique,entre Suze et Saint-Paul-trois-châteaux : « elle avait été regardée probablement comme une « espèce d'amulette propre à garantir de la maladie avec laquelle elle a une sorte de ressemblance. ( cf texte original)

Quelques peuplades des Indes occidentales, ayant la même croyance, portent cette «pierre suspendue à leur cou; ils la nomment « Gamaicu(.voir ce mot*) »
Cette pierre est particulièrement connue en Europe sons le nom de Variolite de la Durance, parce qu'elle est abondante dans cette rivière; les torrents la détachent des hautes Alpes dauphinoises,dans une étroite et profonde vallée, entre Servières et Briançon.
La vraie variolite est d'un vert plus ou moins foncé, sa pâte est fine, dure, et susceptible de recevoir un beau poli, quoique un peu gras, particulièrement sur les taches.
Les plus gros boutons et protubérances de la variolite, n'excèdent pas six à sept lignes de diamètre , et les plus petites ne sont que d'une demiligne.
L'on a reconnu dans la variolite quelques points et des linéaments de pyrite et même d'argent natif, mais en très-petite quantité. L'analyse de cette pierre,faite avec beaucoup de soin par
M. Faujas de Saint-Fond, tend à prouver qu'elle est composée de quartz, d'argile, de magnésie, de terre calcaire, et d'un peu de fer qui a produit sa couleur verte, et que les taches qui forment ces protubérances singulières sur les variolites roulées. sont dues à des globules de schorl plus durs que la pierre même qui les renferme.
Cette pierre composée de tous ces éléments,
est beaucoup moins commune que les autres pierres, puisqu'on ne l'a jusqu'à présent trouvée que dans quelques endroits de la vallée de Servières en Dauphiné, dans un seul autre endroit en Suisse, et en dernier lieu dans l'île de Corse. Don Ulloa et M. Valmont de Bomare disent qu'elle se trouve aussi en Amérique, mais nous n'en avons reçu aucun échantillon par nos correspondants. 
   extrait des OEUVRES COMPLETES DE BUFFON (ici)

 

  Voilà donc encore un "grand monsieur", dont l'esprit rationnel et scientifique c'est attaché  à mieux connaître les variolites, pierre visiblement emblématique, connue des savants européens, référence géologique dont les origines sont restées mystérieuses longtemps. Le statut de "pierre précieuse " ou" pierre fine" que lui donneront ses successeurs, en consacrant de petits chapitres de leurs ouvrages ou traités des pierres précieuses, illustre de la même manière la renommée des variolites dans les siècles passés. Or les connaissances à ce stade n' amènent rien d'extraordinnaire qui justifierait leur intérêt (au contraire, à part d'être caractéristique de la Durance, de sa  source à son embouchure, la géologie connue à l'époque est banale). C'est donc bien de par leur aspect et par les pouvoirs supposés( cf et si c'était vrai) qui en découlent que les variolites , et plus particulièrement les galets polis et facilement  transportables , avaient acquis de longue date ( le témoignage de de la tombe romaine a son importance) une notoriété importante.

 L'inconvénient de la tradition orale , c'est qu'il n'y pas de traces! Nous devons donc nous contenter des écrits qui en parlent, et des survivances des légendes ou des croyances.

M FAUJAS a eu désir d'en savoir plus, son oeuvre globale est immense et son intérêt pour la Variolite de la Durance, manifeste.