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peiro picoto

 

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Peu à peu en parcourant les archives de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE et d'autres sources je trouve d'autres références archéologiques et ethnologiques mentionnant l'usage des variolites dans les temps anciens. Ces témoignages eux mêmes anciens ont l'avantage de ne pas avoir subit les modes ( lithothérapie ...) et de se placer sur un plan scientifique autant que possible.

Ainsi cet extrait de 1934 (

Séance du 28 Juin 1934. In: Bulletin de la Société préhistorique de France. 1934, tome 31, N. 6. pp. 257-275

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1934_num_31_6_12253)

 

Présentation et Communication

Le Dr Bastin fait diverses communications et s'exprime en ces

termes :

1° La série néo-caléonienne que j'ai l'honneur de soumettre à votre

examen a été rassemblé àThio, sur la côe orientale de l'îe ; un cer

tain nombre de pièces présentent encore, dans les dépressions, des

parcelles tassés d'ocre jaune-orangé indiquant le séjour prolongé dans

un gisement renfermant cette substance .

La plupart des pièces sont à usage d'armes de jet : disques, balles

de fronde, pointes de lance, de javelot; il y fut également quelques pointes

de flèche.

La matière employée est variable, mais toujours compacte pour les

grosses pièces : roche porphyroïe, schiste quartzifèe ; les pointes

moyennes sont aussi en roche ophitique et en jade d'un gris-verdâre

uni ; une pointe biconique est en lapis-lazuli ; quelques pointes de

flèche sont en quartz hyalin ou chloriteux et en silex jaspoïde ; une

balle de fronde est en quartz-malachite ; une autre en roche filonienne

contenant, en outre, du cuivre gris et du nickel natifs.

La forme des pointes de javelot est particulièrement intéressante.

S'il en est qui rappellent les types préhistoriques de nos régions telle cette belle pointe de Omtl de forme solutrénne —il en est d'au

tres, pour la plupart, qui ne sont comparables à rien de connu en Eu

rope, sinon à l'époque historique et quant à l'aspect extérieur seule

ment (fer de lance). Voyez cette jolie pointe pédonculée, tête de serpent,

entièrement polie ; cette autre à base coché ; cette autre à barbelures

pendantes. Remarquez surtout qu'aucune pointe ne présente àla fois

le péoncule et les barbelures.

La grosse pointe en porphyre est curieuse parce qu'elle pose le pro

blème de l'adaptation ; lorsqu'on la compare aux pointes levalloisiennes,

L'on doit bien reconnaîre que la fixation de ces dernière était plus

aisé. A côté de cette série guerrièe, j'ai le plaisir de vous montrer quel

ques objets que l'on serait tenté de désigner comme grattoirs, râloirs,

perçoirs ; d'autres sont peut-êre des ornements, telle cette pyramide к

bords usé, en roche serpentineuse et cette pièce fusiforme à base

arrondie en roche rosâre, nacré, finement feuilleté et à inclusions

cristallines ; celle-ci, en fluorine verte, a peut-êre servi de talisman ;

les petits objets en rhodonite sont également curieux ; de même, ces

rondelles de nacre qui servaient de monnaie à une époque relativement

récente.

Pour finir, j'attire spécialement votre attention sur le choix qui a

présidé à l'utilisation des matériaux minéalogiques. Devant une telle

sélection, que n'explique pas seulement le besoin de posséder des objets

réistants, l'on peut se demander si, vraiment, la couleur et la rareté de

la pierre n'exerçaient pas une vertu particulière de protection indivi

duelle et d'efficacité vulnéante qui les faisaient choisir à l'exclusion

des autres.

Puisque je suis sur ce terrain, je vous présente une amulette tiré

d'une roche à concréions multicolores, polie en forme de médaillon.

Elle provient du Pertel, aux environs de Toulouse. C'est une Peyro a.

picoto, pierre contre les piqûres, parce que, d'après la croyance popul

aire, les pustules de la roche seraient l'antidote des maladies pustu

leuses, nommément de la variole. De telles similitudes sont enregis

tré dans la pharmacopé ; ainsi,- la pulmonaire entre encore dans la

confection de certains sirops pectoraux à cause de la ressemblance de

sa feuille avec le poumon .

3* La hache de Trobriand, archipel annexe de la Nouvelle>Guiné, a

des caractèes qui permettent de la distinguer des haches similaires

d'autres réions océniennes. Sa forme, qui est un triangle large àla

base et dont le sommet serait coupéaux deux tiers de la hauteur ; le

tranchant et le talon ont la forme d'un arc trè surbaissé; celle-ci

mesure 0m240 de long, 0mli0 de large àla corde du tranchant, 0ю 120

un peu plus haut, 0m105 au milieu et 0m050 au talon; l'éaisseur est de

0*033 ; elle pèe 1530 grammes /...:

 

M. le Colonel Vésigné fait observer que la « pierre à picote » présentée par le Dr Bastin est très intéressante. C'est un petit galet en

variolite, roche in situ dans le Queyras et qui se trouve en galets rou

lé très caractéristiques dans les alluvions récentes et anciennes de la

Durance, Crau comprise, et dans les formations morainiques de la

vallé de cette rivièe. Les superstitions relatives à la variolite ont été éudiés par nos anciens Collègues David Martin, H. Muller, etc.

Parmi des milliers de haches polies trouvés en Dauphiné et Provence,

aucune n'aurait été faite en variolite : superstition de crainte d'une

roche pustuleuse comme la petite vérole ? ou difficulté de taille et de

polissage ?

Par contre la pierre à picote éait considéré comme ayant une

action préservatrice contre les maladies des moutons par les bergers

transhumants et aurait parfois été utilisé comme battant de  clo

chette des béliers des troupeaux transhumants.

 

Lire aussi

Découverte d'un Ossuaire Néolithique à Grabels,

près Montpellier (Hérault).

et  Dr MARIGNAN

ainsi que de trés nombreux témoignages anciens et sources, des traditions  et usage des pierres de foudres entre autre  et variolites  dans les différentes regions françaises dans ce recueil  de 1936 (lire particulièrement les pages144, 150 et 160 à 165). De plus une étude de l'origine et  l'évolution des croyances au cours des siècles est précieuse.  P SAINTYVES

autres témoignages - FolK-lore de la France Paul SEBILLOT  1904

-Mémoires de l'académie du Gard 1869 ICI

-Folklore préhistorique du gard 1933 A HUGUES ICI